Mon parcours, les précisions

Quand je réécoute cet épisode, j'ai quelques précisions à apporter. Les voici en vrac :

 

Les diagnostics

Je dis avoir souffert de troubles anxieux pendant 10 ans mais je me rends compte que je minimise et qu'il s'agit plutôt de la majorité de ma vie !

  • J'ai souffert de spasmophilie de 13 à 18 ans
  • L'amaxophobie de 21 à 33 ans (phobie de la conduite sur autoroute)
  • L'émétophobie de 27 à 33 ans (phobie du vomissement)

Concernant l'amaxophobie, je crois que je suis la seule française à avoir A-DO-RÉ la limitation de vitesse à 90 sur les autoroutes ! Ça m'a détendue au point que je me dis que le gouvernement à fait ça, pour moi spécialement 😜

Concernant l'émétophobie, j'ai eu de la chance car je n'ai jamais développé de troubles alimentaires mais j'aurais très bien pu car la peur de vomir m'emmenait vers l'ultra contrôle de mes repas et me mettait en vigilance constante sur tous les signaux d'ordres "digestifs" (c'est glam, je sais...) Heureusement pour moi, mon amour de la bonne bouffe l'a toujours emporté sur sa dérive possible TCA (trouble des conduites alimentaires) : l'anorexie mentale.  Pour information, les TCA sont au nombre de 3 : anorexie, boulimie et hyperphagie (épisodes boulimiques sans purge). Aujourd'hui je suis quand même toujours vigilante à ce que je mange mais dans une optique de santé et de qualité, jamais en termes de contrôle du poids obsessionnel. 

 

La thérapie comportementale

J'ai sauté le pas de la thérapie cognitivo-comportementale assez tardivement, à 29 ans. Mes conduites d'évitement étaient si puissantes que je me confinais chez moi des jours entiers ! Chaque journée était devenue un calvaire. Cela ne pouvait plus durer et je me suis donc mise à la recherches de "solutions pratiques".

Cartographier les épisodes anxieux

La thérapeute comportementaliste m'a demandé de faire un suivi à la fois quantitatif et qualitatif de mes crises à répétition.

Pour le suivi quantitatif, je devais noter dans un carnet :

  • L'heure de début et l'heure de fin de la crise
  • Une note de 0 à 10 sur l'intensité de la crise

Pour le suivi qualitatif, je devais également inscrire : 

  • Les éléments déclenchants de la crise 
  • Les éléments calmants de la crise (notamment si j'utilisais ce qu'on appelle un objet contraphobique, à l'époque je me gavais de vogalène ce qui est relativement dangereux puisque c'est un neuroleptique !)
  • Les pensées dominantes au coeur de l'angoisse (en gros, je pense à quoi quand je panique)

Evidemment, relire ce carnet est toujours très douloureux pour moi, il m'a cependant permis de faire des pas de géant dans la résolution de mes angoisses. Il me montre également tout le chemin que j'ai parcouru pour arriver enfin à me révéler à moi-même !

S'exposer progressivement à la "vie normale"

Les exercices dits "d'exposition" servent à me faire reprendre confiance en moi de façon très progressive. Ce sont à chaque fois des tous petits pas, mais ils sont victorieux ! Car même lorsque je m'exposais et que j'avais une crise à la suite, j'étais un peu plus "maîtresse" de l'angoisse qu'auparavant. Je ne me laissais plus surprendre !

Ces exercices m'ont permis de déplacer mon "curseur réussite", de le rendre plus atteignable. Et surtout, je suis sortie de l'absolu "tout ou rien". Il y a des victoires fragiles... qui sont des victoires quand même !

Reprendre le cours de sa vie

Savoir que la peur persiste alors que la phobie a disparu a été une révélation. Comme toute émotion, la peur n'est ni bonne ni mauvaise. Par contre elle est une expérience douloureuse, comme l'émotion tristesse ou l'émotion colère.

J'ai constaté que des trois émotions douloureuses de base, c'est la peur qui me venait en premier. Si bien que je peux aujourd'hui affirmer que dans ma personnalité très dirigée par le mental, j'ai d'abord peur d'être en colère et peur d'être triste !

Certain.e.s autres peuvent être tristes d'avoir peur ou en colère d'être triste ... J'en parlerai dans un autre article.

Enfin, faire appel à toute une batterie de méthodes pour aller mieux, comme le yoga et la méditation, faire des thérapies différentes, lire sur mes troubles et cumuler les exercices mentaux et corporels m'ont permis de reprendre ma vie en main et de ne plus me laisser dicter ma conduite par mes angoisses. 

Ce fut une sacrée victoire !

 

Je pose ici la méditation qui a eu le plus d'effet sur moi ici. Enjoy !

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